mercredi 5 mai 2010

les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec



Scénario et réalisation : Luc Besson
Adapté des bandes dessinées de Jacques Tardi

Le film Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc Sec m'a séduit, comme les 642 628 personnes qui se trouvaient à mes cotés lors de la première semaine d’exploitation [1]. Tout un public s'est retrouvé face à ce personnage extrait des bandes dessinées créées par Jacques Tardi.

Dans le film, Adèle cherche à ramener à la vie un docteur issu de l'époque de Ramses II, afin que celui ci soigne sa soeur, cette dernière oscillant entre la vie et la mort.

Luc Besson a puisé dans la mythologie de Tardi et dans une cinéphilie populaire pour écrire puis réaliser ce film. Le personnage d'Adèle fait par moment penser à Indiana Jones ou à Lara Croft - notamment lors du passage en Egypte. C'est une femme aussi douce que sarcastique, avec une grande répartie, qui, hélas, n'est pas toujours imaginative : les dialogues qui terminent les séquences sont tous drôles, mais rares sont ceux qui sont amenés par la structure même du film. C'est souvent une forme d'autoparodie qui tourne en dérision ce qui se passe, sans que cette dérision ait été construite, amenée, dans la séquence à clore.

Pour ceux qui connaissent les aventures du personnage de papier, ils le retrouvent, un peu rajeuni dans l'interprétation qu'en donne Louise Bourgoin. Luc Besson s'est amusé à écrire ce scénario, et fait partager sa joie au spectateur. Il a trouvé des astuces pour parer toutes censures.

Un exemple : celle "anti-tabac". Comme dans les albums, Adèle fume. Mais la première fois que celà arrive dans le film, en Egypte, il fait passer le message que "fumer tue" par un biais amusant : Adèle est face à son adversaire, Dieuleveut, ce dernier étant sur le point de la faire exécuter. Elle demande une cigarette et son interlocuteur lui répond : "Ce n'est pas elle qui va vous tuer." Alors qu'à l'époque, fumait représentait l'aboutissement d'une certaine virilité (c'était d'ailleurs une des raisons invoquées pour ne pas payer les femmes aussi bien que les hommes : elles, elles ne vont pas acheter de cigarettes)

Besson a fait d'Adèle un personnage plus féminin que dans les bandes dessinées, plus frais, mais son humour est hélas un peu trop formaté : il rejoint en ce sens l'une des critiques que je formulais à l'égard d'Avatar de James Cameron, il est fait pour faire rire, mais hélas, de façon parfois trop niaiseuse.

Les autres personnages qui prennent par à ces aventures - Dieuleveut donc, interprété par Mathieu Amalric, Espérandieu, Caponi ont des noms inventifs. Seulement, ceux des second couteaux du film sont clichés (Je pense à l'égyptien Aziz). Est-ce pour mettre en valeur les noms des protagonistes ? Or chez Tardi, même les personnages secondaires ont une qualité onomastique : je pense ici à Edmond Choupard, qui ouvre le film, comme l'album Momies en Folies.



Si les personnages sont tous à peu près respectés, l'histoire est beaucoup moins sombre. Si nous comparons les ambiances issues de la bande dessinée de Tardi et celles issues du film, nous notons une absence permanente du rouge brique sombre. De jour, tout est éclairé : du désert du sahara aux crieurs de Paris, des jardins de l'Elysée au parc zoologique... parrallèlement, il se passe beaucoups moins d'évènements de nuit, et là encore, aucune atmosphère est aussi malsaine que dans les albums.

J'aurais enfin, une petite critique a faire quant à la scène finale. Le paragraphe suivant en révelle les enjeux sans en dévoiler l'issue.

A ce moment, donc, Adèle et sa momie Patmosis sont entrés par effraction dans le Louvre, et Adèle veut demander directement à Ramses II de lui prêter un docteur. Patmosis, connaissant les habitudes du pharaon, conseille à Adèle de rester très "protocolaire", conseil qu'elle suit. Mais, une fois l'ancien roi d'Egypte réveillé, il se comporte d'une façon relativement peu protocolaire : il reste un chef, mais il perd hélas le coté pharaon, suite à deux "erreurs" :

La première, ce sont ces premières paroles : "J'ai relativement bien dormis" ou "Je me suis bien assoupis" Ce rapport au sommeil (sujet trivial) lorsqu'un pharaon s'éveille (réveil et lever du roi) rend cette jonction drôle, mais en contrepartie, décrédibilise sa puissance.

La seconde, c'est lorsqu'il accepte de guérir la soeur d'Adèle. Rien, dans la mise en scène des différentes momies n'indique un quelconque protocole. Là encore, ceci décrédibilise ce qu'il fait, à savoir réveiller une personne placée entre la vie et la mort.

Hormis ces légères ombres, le reste était succulent. Film français, certes, mais dynamique, joyeux et enjoué. Film populaire, divertissement et entertainement, pourquoi pas ! et au contraire !

Pour finir, voici le trailer :


Les Aventures Extraordinaires dAdèle Blanc-Sec : Bande-Annonce

[1] : « Adèle Blanc-Sec rafle la tête du box-office », sur le site Le Point, le 22 avril 2010.

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